le « renouveau » de l’histoire littéraire

L’HISTOIRE LITTÉRAIRE À L’AUBE DU XXème SIÈCLE

(Propos inspirés par M. Luc FRAISSE, Université de Strasbourg)

A l’aube du XXe siècle, certains déclarent que l’histoire littéraire accomplit une réapparition sur la scène de la critique. Toutefois, elle n’a jamais vraiment disparu ni voulu s’assurer une quelconque suprématie par un tel retour.

Entre une invraisemblable « belle mort » et un supposé et un pressenti « grand retour », il reste une possibilité plus proche de la réalité.

On demande aujourd’hui à l’université une métacognition sur ses propres recherches littéraires, sur les méthodes qui ont abouti aux concepts comme le préromantisme ou la décadence, ou sur un sujet tel que les salons, l’imaginaire des villes à suivre le long des siècles.

Il est utile de séparer une recherche fondamentale d’une recherche appliquée.

Un délaissement de la recherche appliquée, aboutissant à des ressources de l’histoire littéraire méconnues, ou non développées et enfin à un appauvrissent du patrimoine culturel 

En effet, si les œuvres ne sont travaillées qu‘au niveau de la structure linguistique ou du concept narratologique, hors de tout contexte historique ou sociologique, celles-ci sont vidés de leur sens  et coupées de la vie. Delà l’intérêt que sucsitent les enseignements qui restent reliés à ces contextes.

Hors, actuellement, la recherche bannit les sujets à soubassement historique, comme une querelle littéraire.

Les sujets à thème linguistique, n’utilisent qu’une lecture immanente de l’œuvre, transformée en texte purement formel. sur lequel s’exerce différents outils de technique littéraire. Contre cet état de fait, une entreprise de référencement du patrimoine d’histoire littéraire a vu le jour grâce à la médiation du rectorat de Strasbourg, avec l’aval du ministère de la culture et de l’éducation nationale. Ainsi l’histoire littéraire semble devenir un médiateur dans l’enseignement du fait culturel littéraire.

La nouvelle critique et son outillage formaliste a bousculé l’histoire littéraire, empiriste dans ses moyens , mais chargée de sens et de connaissances. Celle-ci ne doit pas craindre une réflexion sur elle-même car elle contient aussi une idée générale de la littérature, une philosophie de la création et une conception de la lecture.

Ainsi, une histoire littéraire moderne passerait ses principes directeurs de l’implicite à l’explicite, et gagnerait à se charger d’un contenu théorique et chargé de principes. De descriptive, l’histoire littéraire doit se transformer en explicitant ses principes et en synthétisant.

C’est ainsi qu’il faudrait reprendre le débat entre histoire littéraire et Nouvelle critique.

Jean Starobinski, auteur de « la relation critique  », 1970, est favorable à une reprise du dialogue entre les tenants de « la Revue d’histoire littéraire » et la revue « poétique », rompu en 1960 et figé depuis, surtout du côté de la « Nouvelle critique ».

Toutefois, ne simplifions pas le débat en mettant d’un côté les écrivains partisans de La nouvelle critique et l’institution partisane de l’histoire littéraire.

Le but en est la conservation de l’histoire littéraire en tant que transmission de la connaissance de la littérature du passé et au-delà, de la culture.

Renouvelons le débat par la mise en discussion de l’histoire littéraire et de ses méthodes auprès de penseurs étrangers.

Cette synthèse novatrice s’accomplit en sept étapes :

  1. « Les précurseurs de l’histoire littéraire », à partir du XVIIIème siècle, aboutissant à l’ouvrage de Luc FRAISSE, « Les Fondements de l’histoire littéraire »

  2. « l’Histoire littéraire, ses méthodes et ses débats »

  3. Vient une réflexion sur les écrivains face à l’histoire littéraire, avant ou après l’apparition de la critique historique.

  4. Les penseurs face à l’histoire littéraire au Xxème siècle : Albert Thibaudet et Jean Starobinski et tant d’autres ont renouvelé notre vision sur les œuvres littéraires.

  5. Pour mettre l’histoire littéraire en question, il s’agit maintenant de chercher une « métahistoire littéraire » pour la rendre plus vivante

  6. il s’agit de rapprocher histoire et Poétique pour sortir du clivage.

  7. Enfin, l’histoire littéraire doit se structurer en nouvelle discipline et innover face à la diversité des disciplines proches, sociocritique ou psychanalyse. ( comme Jauss et son histoire littéraire du lecteur)

Cette ouverture laisse espérer un avenir prometteur pour l’histoire littéraire.

Laisser un commentaire